Bouture du magnolia

Pour cette technique de jardinage, nous partons d’une des fréquentes questions sur le sujet : Je possède un magnolia de trois mètres de haut et je voudrais en faire des boutures. J’ai essayé par marcottage en septembre sur trois branches : Retrait de l’écorce sur une bande de dix centimètres de long

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Bouture du magnolia

Pour cette technique de jardinage, nous partons d’une des fréquentes questions sur le sujet :

Je possède un magnolia de trois mètres de haut et je voudrais en faire des boutures. J’ai essayé par marcottage en septembre sur trois branches :
− Retrait de l’écorce sur une bande de dix centimètres de long et deux millimètres de large
− Hormone de bouturage
− Pose de mousse végétale tout autour de la branche à l’endroit préparé
− Mise en place d’un sac plastique en cornet autour de la mousse
− Humidification quotidienne de la mousse
Aucune des trois branches n’a fait de racines, l’écorce a cicatrisé. Qu’est-ce qui n’a pas marché dans ma méthode ? Quels sont les autres procédés les mieux adaptés à ce type de végétal ? Mon magnolia fait partie de la variété qui prend ses feuilles après la floraison. Merci de me répondre afin que je puisse recommencer une autre expérience.

Notre spécialiste en la matière, Thierry Rivry, apporte la réponse suivante qui, nous l’espérons, vous aidera à effectuer vous aussi la bouture des magnolias que vous pourriez avoir dans votre jardin :

Je pense que la saison à laquelle vous avez effectué votre marcottage n’était pas la meilleure et que le marcottage aérien que vous avez pratiqué n’est peut-être pas le plus facile. En effet, pour faire ce genre d’opération en extérieur la période la plus propice va de novembre à février.
Un retrait d’écorce d’un à trois centimètres est suffisant à condition de le faire au revers d’un bourgeon ou d’une pousse de l’année que l’on supprime. Badigeonnez comme vous l’avez fait avec de l’hormone de bouturage. Le manchon doit être fait avec un sac plastique opaque qui retient l’eau et reflète la lumière afin que le substrat ne devienne pas trop chaud. Attendez l’apparition des racines. Vous le vérifierez en ouvrant le manchon, au bout de deux à trois mois, voire au printemps suivant pour une tige lente à s’enraciner.

Une fois la marcotte enracinée, sevrez-la en coupant la tige à l’aide d’un sécateur désinfecté juste au-dessus d’un nœud. Supprimez le manchon, enlevez la mousse et placez dans un pot de cinq centimètres plus large que la motte. Tassez légèrement sans abîmer les racines. Supprimez les pousses vigoureuses du sommet de votre marcotte pour que les racines puissent nourrir la jeune plante, et pour les soins, procédez comme une bouture enracinée. L’enracinement par marcottage est très lent et peut prendre jusqu’à deux années. Vous pouvez utiliser comme autres modes de multiplication, le marcottage simple, le bouturage, le semis.

Le marcottage simple
Il s’effectue de novembre à février, hors période de gel. L’idéal étant novembre pour les arbres caducs et février pour les persistants. Choisissez une tige basse, saine, robuste et de préférence de l’année précédente. Blessez la tige à environ trente centimètres de son extrémité en procédant comme ci-dessus. Enlevez un éclat d’écorce de trois à cinq centimètres ou découpez une languette que vous maintiendrez ouverte. Mettez de la poudre d’enracinement. Mélangez un peu de terreau de bouture dans la terre que vous aurez au préalable bien ameublie par un bêchage minutieux en ayant pris soin de retirer toutes les herbes indésirables et les cailloux. Fixez la tige à l’aide de cavaliers de part et d’autre de la blessure en l’enfouissant à dix ou quinze centimètres de profondeur.
Tuteurez, tassez bien, arrosez et étiquetez.

Le bouturage par boutures herbacées
Prélevez les boutures de huit à treize centimètres, en mai ou juin, à l’extrémité des nouvelles pousses vigoureuses et, de préférence, le matin de bonne heure (elles seront bien gonflées). Coupez-les au point de jonction entre bois jeune et âgé et éliminez les deux feuilles situées à la base. Plongez dans une solution fongicide puis badigeonnez la base avec de l’hormone de bouturage. Placez dans un substrat bien drainant (mélange à parts égales de tourbe et perlite [billes de roche naturelle à base de silice]). Pour assurer une meilleure reprise, juste après la cueillette de vos boutures, placez-les dans un sac plastique partiellement gonflé ou plongez-les dans l’eau.

Le bouturage par bouture semi-herbacée
Prélevez-les en juin/juillet sur des pousses plus fermes et foncées. Coupez sur des pousses de l’année, de dix à quinze centimètres, au point de jonction du bois jeune et âgé. Habillez chaque bouture en éliminant l’extrémité, juste au-dessus d’un nœud, et supprimez la feuille du bas. Il ne doit rester que huit à treize centimètres de pousse et trois nœuds. Utilisez le même substrat que ci-dessus et placez vos pots sous tunnel à forte hygrométrie ou sous plastique transparent tout en maintenant la terre humide, et à l’abri du gel. Après l’enracinement, faites régulièrement un apport d’engrais pendant la période de croissance et laissez passer l’hiver. Au printemps suivant, lorsque tout risque de gelées sera écarté, vous pourrez planter directement en place.

Le semis
Récoltez des cônes murs et mettez-les au sec jusqu’à ce qu’ils libèrent leurs fruits charnus. Lavez ces graines en les laissant tremper un à deux jours dans un mélange d’eau chaude et de détergent liquide. Enlevez la chair et séchez avec un chiffon. Si vous ne pouvez pas bien les nettoyer, utilisez un fongicide pour prévenir la fonte des semis ou la pourriture. Semez les graines fraîches et laissez sous châssis froid pendant l’hiver. Si vous le voulez, vous pouvez laisser vos graines au réfrigérateur pour les semer au printemps sous abri avec une chaleur de fond de 20°C. Normalement vos graines germeront en cinq à six semaines. Les hybrides issus de ce procédé peuvent fleurir au bout de trois à dix ans. Certaines espèces prennent plus de temps pour fleurir (jusqu’à trente ans pour le magnolia campbellii et quinze ans pour le magnolia grandiflora).

J’espère que cette longue réponse vous conviendra et vous permettra de choisir la méthode la mieux adaptée.

Texte : Thierry Rivry

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