Charançon rouge du palmier

Charançon rouge du palmier

 

Charançon rouge adulte

Depuis mon balcon, je m’aperçois qu’il ne reste plus que 4 palmiers des Canaries, symboles du soleil, de la Côte d’Azur au lieu des 12 qui embellissaient les propriétés environnantes il y a 3 ans, voilà l’oeuvre du charançon rouge !

Depuis l’avènement du tourisme cosmopolite au milieu du XIXe siècle, le pays mentonnais s’est couvert de palmiers Phoenix Canariensis qui sont devenus le symbole de l’exotisme, du soleil, du dépaysement, tout en restant en France.

Depuis 2006 le charançon rouge des palmiers, originaire d’Asie, s’est installé et s’est développé, détruisant d’année en année les houppiers puis les stipes (faux-tronc) des palmiers qui ne sont pas des arbres mais des monocotylédones (Le palmier est donc une « herbe géante »).

Rhynchophorus ferrugineus est un gros coléoptère au corps rouge vif avec des taches noires d’environ 4 cm pour 1,2 cm de large qui infeste les plantes hôtes : Phoenix canariensis et Phoenix dactylifera. Il est très actif de mars à novembre où il se reproduit : chaque femelle pond 100 à 300 œufs qui se transforment en larves blanc jaunâtre mesurant jusqu’à 5 cm de long qui creusent des caries dans le palmier et lui dévorent le cœur, et qui se transforment en charançons qui pondent à leur tour. Plusieurs générations se développent ainsi au cours de la même année. On entend les centaines de larves grouiller quand on s’approche du palmier tant elles sont actives.

Que sont ces totems qui ornent notre ville ?

Depuis 2010, un arrêté national de lutte oblige les collectivités locales et les particuliers à éradiquer le nuisible.On peut déplorer, à ce jour, l’absence de réponse idéale et économique au problème et le manque de cohésion dans les mises en oeuvre de ces solutions.

Chacun doit sur veiller ses palmiers et alerter dès les premiers signes de présence de l’insecte en observant l’aspect des feuilles du houppier.

Plusieurs stratégies de traitement ont été testées mettant en oeuvre des combinaisons d’insecticides non bio et dangereux pour les abeilles, (il faut donc monter couper les inflorescences du palmier), mais aussi de nématodes steinernema carpocapsae entomopathogènes et aujourd’hio de champignons beauveria bassiana entomophatogènes très prometteurs, efficaces à 90 %. Ces produits ne peuvent être
obtenus et appliqués que par des personnels formés et agréés. Ces traitements sont très coûteux, de plusieurs centaines d’euros à plus de 1000 euros. Certaines villes négocient des prix « acceptables ».

Les palmiers attaqués qui ne peuvent être assainis doivent être éliminés selon une procédure rigoureuse mise en oeuvre que par des entreprises agréées (plus de 1000 € l’unité).

Espérons qu’avec ces nouveaux traitements de biocontrôle et l’implication de tous, le Phoenix, s’il ne renaît pas de ses cendres, puisse ne pas disparaître.

 

Texte Didier Sagon – Photos Stocklib

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