Faire soi-même son compost

Le compostage, c’est un procédé de transformation des matières organiques en humus. La mise en oeuvre de ce processus demande l’intervention de micro et macro organismes. Les micro-organismes entrent les premiers en activités. Ils ont besoin de matières sèches, de matières humides, d’oxygène et d’humidité

Copyright © Jardinot / photo : Stocklib

Faire soi-même son compost

Le compostage, c’est un procédé de transformation des matières organiques en humus. La mise en oeuvre de ce processus demande l’intervention de micro et macro organismes.

Actions des micro-organismes
Les micro-organismes entrent les premiers en activités. Ils ont besoin de matières sèches, de matières humides, d’oxygène et d’humidité. Les bactéries, toujours présentes, restent actives durant tout le compostage et se multiplient très rapidement. Les champignons vont ensuite agir sur les matières ayant résisté aux bactéries. Les bactéries filamenteuses agissent généralement au dernier stade du compostage. D’autres micro-organismes sont également présents dans ce processus.

Actions des macro-organismes
Les macro-organismes, comme les lombrics du compost (petits vers rouge), agissent sur des éléments peu décomposés alors que les grands lombrics (vers de terre agissent sur les éléments à décomposition plus lente).

Comment s’opère la transformation ?
La décomposition de la matière organique va connaître cinq phases distinctes durant lesquelles la température du tas de compost va monter jusqu’à 60 à 70°C et redescendre lentement.

L’oxydation (15°C) : Certaines bactéries agissent à basse température, alors que l’oxydation se fait lors de l’exposition à l’air et à l’eau.
La réduction (20 à 25°C) : D’autres bactéries réduisent le tas de compost en mangeant les matières.
La dégradation (30 à 60°C) : Enfin, une troisième espèce de bactéries va remplacer progressivement les précédentes et terminer le travail. Ces micro-organismes se multiplient sous l’action de la chaleur et se nourrissent des champignons et des moisissures.

A cette température, la plupart des mauvaises herbes seront détruites.

La conversion ou refroidissement (60 à 20°C) : La température diminuant, d’autres bactéries et champignons prendront le relais pour fabriquer du compost frais. Il faudra continuer à brasser régulièrement le compost pour aider à sa décomposition.
La décomposition ou maturation : Sous les 30°C des macro-organismes tels que les vers ou les collemboles vont se joindre aux micro-organismes pour transformer les déchets en miettes. Le compost va vieillir et se bonifier au fil du temps. L’activité bactérienne diminue en même temps que la densité d’azote présente dans le compost.

Quels déchets déposés sur votre tas de compost ?
Pour assurer une bonne décomposition des matières, vous devez alterner, dans votre tas de compost, les éléments humides, riches en azote (N) et ceux, plus secs, riches en carbone (C). Ces éléments seront de préférence exempts de maladies et de résidus de traitements. Un bon compost sera obtenu en mélangeant un tiers des matières riches en azote et deux tiers des déchets riches en carbone. La liste suivante n’est, bien entendu, pas exhaustive, mais elle vous aidera à fabriquer du bon compost.

Matières humides riches en azote (N)
− Déchets de légumes
− Tonte d’herbes fraiches
− Litière et excréments d’herbivores ou de granivores (lapins, cobayes et oiseaux)
− Epluchures de pommes de terre et de fruits coupées en petits morceaux, non traitées, non véreuses et exemptes de toute maladie

Matières sèches riches en carbone (C)
− Pailles et foin sec
− Feuilles sèches sauf noyer et platane
− Sciures et copeaux de bois traditionnel exempts de colle
− Papier essuie-tout mouillé
− Coquilles d’œufs écrasées (riches en calcium)
− Bois broyé

Matières comprenant de l’azote et du carbone (N et C)
− Fumier pailleux de bovin, d’ovin ou équin
− Fleurs fanées coupées
− Mauvaises herbes non montées à graines
− Marc de café avec filtre
− Taille de haies

Comment stocker son compost ?
Quelques parpaings ou palettes usagées non traitées peuvent constituer un enclos à compost. C’est le plus économique. Vous pouvez aussi acheter un composteur, bac plastique, dont l’aération a été étudiée. Mais avant tout achat, renseignez-vous auprès de votre mairie. En effet, pour limiter le volume de déchets à collecter, de nombreuses communes et/ou SICTOM subventionnent l’achat de composteurs souvent en bois. Le bac plastique est le silo à compost le plus fréquemment utilisé. Une ouverture sur le dessus permet d’y mettre les déchets et une trappe sur le devant, au bas du bac, permet de retirer le compost mûr. Localisez-le dans un coin de jardin assez discret, si possible à côté du potager et à l’abri du vent, pour éviter les odeurs en tenant compte des vents dominants.

Utilisation du compost
Le compost peut être incorporé comme amendement ou utilisé en paillis, sur sol non compacté. L’utilisation en amendement nécessite, avant de l’enfouir, d’attendre cinq à six mois au moins que le compost se soit transformé en un terreau noir. Vous l’incorporez au sol à l’automne, à raison de trois à quatre pelletées au m². Il sera assimilé par la terre durant l’hiver. L’utilisation en paillis, ou surfaçage, s’apparente à la pratique du mulching. Il protégera votre sol et limitera, voire empêchera le développement des herbes indésirables. La couche d’environ cinq centimètres ainsi déposée s’intégrera à la terre par des griffages successifs et par l’action des vers de terre. Utilisé jeune (transformé à 50%) le compost peut être employé efficacement en paillage sur les plates-bandes.

Texte : Thierry Rivry

Please follow and like us:

Laisser un commentaire