La fève

vicia faba

La fève, vicia faba de son nom botanique, appartient à la famille des fabaceae (légumineuses). Une histoire, toute une histoire ! La fève est un légume riche d’anecdotes, facile à cultiver, facile à cuisiner, délicieux à manger. Pour vous mettre l’eau à la bouche, et vous donner l’envie de la semer

Copyright © jardinot / photo : Jean-Marc Muller

La fève

Famille : fabaceae, papilionaceae
Origine : Méditerrannée

La fève, vicia faba de son nom botanique, appartient à la famille des fabaceae (légumineuses). Une histoire, toute une histoire ! La fève est un légume riche d’anecdotes, facile à cultiver, facile à cuisiner, délicieux à manger. Pour vous mettre l’eau à la bouche, et vous donner l’envie de la semer.

Copyright © Jean-Marc Muller

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Origine
Comme l’écrit Jean-Marie Pelt dans son livre des légumes :  » Avec la fève, c’est au plus vénérable ancêtre du monde des légumes que l’on s’adresse. En effet, elle était déjà connue des hommes du néolithique « . Contrairement à la plupart des légumes, il est difficile de situer géographiquement ses origines, tant on en a retrouvé des traces un peu partout : 7000 ans avant notre ère en Thaïlande et au Mexique, 4000 ans au Proche Orient. Elle est souvent citée dans l’Ancien Testament, les Egyptiens, les Grecs et les Romains la consomment. Plus proche de nous, elle est une des bases de l’alimentation à l’époque médiévale en Europe. Et pourtant, quelle réputation ! Rendant les couples stériles pour les uns, elle est aphrodisiaque pour d’autres (elle est interdite au Moyen Age dans les couvents de religieuses) ou entachée d’impuretés. Dans l’Antiquité, elle est maléfique, servant de « moyen de transport » pour la transmigration des âmes des trépassés. Ce qui ne l’empêchera pas de se retrouver dans la galette des rois !

Description
Ce sont de grandes tiges carrées en touffes érigées pouvant atteindre voire dépasser un mètre de haut selon les variétés. Les feuilles sont grisâtres. Les fleurs blanches ou bleuâtres apparaissent en grappe au bout d’une dizaine de semaines, suivies par les gousses, épaisses et charnues.

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Culture
Elle préfère les sols frais et profonds d’un PH compris entre 5,5 et 7 mais elle s’adapte assez bien à tous les terrains dans lesquels il est inutile d’apporter du fumier ou des engrais azotés. Par contre, un engrais riche en potasse sera bienvenu (potasse organique à base de vinasse de betterave, cendre de bois, macération de consoude, etc). Choisissez une exposition bien ensoleillée et semez en automne (à partir d’octobre) dans les régions chaudes du Midi et du Sud-Ouest de la France. Dans les autres régions, en début de printemps en février et mars. Semez en lignes espacées de quarante centimètres. Disposez un grain tous les dix centimètres à environ deux centimètres de profondeur. Recouvrez et tassez avec le dos du râteau en maintenant un peu d’humidité pour faciliter la levée qui doit intervenir au bout de huit à douze jours.

Entretien
Buttez régulièrement. Arrosez si nécessaire et buttez quand les plantes atteignent une vingtaine de centimètres pour aider au maintien. Il est important de bien tuteurer les plantes, particulièrement les variétés pouvant dépasser un mètre de hauteur. Pincez les tiges au-dessus de la cinquième fleur pour accélérer la formation des gousses.

Association
Favorable avec l’artichaut, le chou, la carotte, la pomme de terre, l’aneth, la capucine et les aromatiques. Défavorable avec les légumes bulbes et les poireaux.

Rotation
Comme les engrais verts et toutes les fabacées, la fève est une plante « améliorante » car elle capte l’azote de l’air qu’elle restitue au sol pour les cultures suivantes, ceux qui exigent une terre bien enrichie.

Récolte
Elle se fera quatorze à seize semaines après le semis, avant complète maturité, quand la cosse est encore verte et que l’on sent les grains bien formés. A maturité, la cosse devient noire.

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Attaque des ravageurs
Si les pucerons noirs qui s’attaquent au sommet des tiges sont le principal ennemi de la fève, il faut le considérer comme un mal pour un bien. En fait, dans mon jardin, les deux rangs de fèves deviennent un véritable garde-manger pour coccinelles. Quel festin !!! Toutes celles du quartier se donnent rendez-vous chez moi, et elles se reproduisent vigoureusement. Larves et adultes se gavent et se répandent dans tout le jardin. Sans compter les syrphes, les chrysopes, les forficules et autres dévoreurs de pucerons. Une véritable aubaine pour toutes les autres cultures potagères sensibles aux pucerons. Sans compter que du coup, tout ce petit monde faisant bien son travail, il me reste largement de quoi me régaler moi aussi avec les fèves car les pucerons n’auront pas eu le temps de faire des dégâts irréparables !

Cuisine
Les fèves sont riches en protéines, en fibre et en cellulose. Elles sont nutritives, toniques mais peu caloriques. La variété, Aguadulce à très longue cosse, est présentée dans le guide de sélection de Jardinot. Ecossez les fèves (comme les petits pois) au retour du jardin. Plongez-les dans l’eau bouillante et laissez à ébullition une à deux minutes. Laissez égoutter dans la passoire et retirez l’enveloppe protectrice de la graine. Cette opération se fait plus facilement quand les fèves sont encore bien chaudes. Prenez en main dans le bon sens la cosse et incisez au niveau de l’embryon. Séparez l’enveloppe de la graine en pinçant légèrement. C’est fait ! Les fèves sont maintenant prêtes, soit à être congelées, soit à être dégustées tel quel à la « croque au sel », soit à être cuisinées. Bon appétit !

Semez, dès que possible, en début de printemps (dès l’automne en région méridionale) car les fèves n’apprécient pas les températures élevées qui risquent de bloquer la végétation avant la formation des gousses. Il est indispensable d’assurer un arrosage régulier afin d’éviter les stress hydriques.

Texte : Jean-Marc Muller

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