Un jardin collectif pour le plaisir de citadins

Un jardin collectif pour le plaisir de citadins

 

Quelle satisfaction pour un jardinier de pouvoir partager sa passion avec ses homologues mais aussi avec des personnes ignorantes, indifférentes et peut-être même réfractaires aux activités de l’horticulture. Martine et Michel Milin ont eu l’opportunité de créer un jardin
partagé dans la cour de leur immeuble collectif pour rassembler les locataires autour du végétal.

UNE OPPORTUNITÉ À SAISIR
Martine et Michel sont adhérents à Jardinot depuis de nombreuses années et Michel est impliqué dans la vie du comité régional de Paris St Lazare, président du comité local de Bécon Les Bruyères et membre du centre de Jardins d’Eragny. Le jardin d’agrément et le potager, cultivés de manière éco-responsable, n’ont aucun secret pour eux. Ils résident dans un immeuble collectif de 10 logements situé en pleine ville à 8 km de Paris et géré par ICF Habitat La Sablière. Le charme de la campagne n’a pas sa place ici.

Depuis 3 ans le bailleur lance un appel à projets pour améliorer les conditions de vie des locataires. Ces derniers bénéficient d’une cour carrée de 12 m de côté, exposée à l’est, partiellement enherbée mais couverte de mousse, peu accueillante et très peu exploitée.

Nos amis vont saisir l’occasion pour proposer un projet ambitieux que Martine va nous exposer.

Fleurs et légumes après quelques mois de culture

GENÈSE DU PROJET
« Michel a expliqué aux voisins au cours de plusieurs réunions ce que nous aimerions concevoir avec eux. Nous avons réalisé plusieurs esquisses d’aménagement modifiées par les apports de chacun pour finalement proposer au bailleur en octobre 2017, avec l’assentiment de tous, un projet accompagné d’un devis de 800 € comprenant les aménagements du terrain mais aussi outils, composteur, récupérateurs
d’eau… Le projet est affiché dans les parties communes, nous rêvons à notre jardin…

Mais après décision de la commission des projets au printemps 2018, le bailleur ne nous accorde que 300 €. Il va falloir restreindre nos ambitions. Mais cela ne nous décourage pas, nous ferons appel au système D. Nous partons sur l’aménagement de 6 espaces de culture,
mais l’abattage d’un arbre malade nous permet de gagner un peu d’espace et d’aménager un 7ème espace.

En juin 2018 nous avons acheté 20 planches de 0,20 x 4 m, les équerres, la visserie, le produit de traitement du bois et nous avons  malmené les amortisseurs de nos voitures pour acheminer le terreau pour remplir 6 cadres de 1,20 m x 4,00 m et 1 de 1,50 m x 2,50 m. De plus, le jardin n’est pas accessible de la rue, il a fallu tout passer par le sous-sol et les escaliers qui y mènent. Le sol d’origine de très mauvaise qualité a été bêché et nettoyé sous les cadres qui pourront être facilement déplacés si nécessaire. Ces travaux ont été réalisés par les locataires volontaires et avec le soutien du gardien de l’immeuble.

Un composteur de récupération est amené ainsi que des bidons, très efficaces pour récupérer l’eau des gouttières afin de limiter les navettes dans les escaliers depuis les appartements pour descendre de l’eau de ville dans des bidons de 5 l !

Une cour qui vit aujourd’hui avec les efforts de chacun

Le parti a été pris de restreindre l’usage du robinet collectif pour limiter les charges.

Les dieux étant avec nous, un jardinier m’a légué un lot d’outils à main de très bonne qualité. Un meuble de récupération permet de ranger graines et petits matériels dans le sous-sol. Des bacs à fleurs apportés par chacun complètent l’aménagement de notre nid de verdure ainsi que des nichoirs et mangeoires à oiseaux.

En juillet semis et plantations ont envahi les planches réparties entre les 6 locataires particulièrement investis dans le jardinage. La dernière parcelle est plantée et entretenue par ces jardiniers à destination des locataires qui n’ont pas la main verte mais qui pourront bénéficier des légumes, mais cette répartition pourra être modifiée si un nouveau locataire s’installait. Les échanges, partages de plants, d’astuces de jardinage rendent ce jardin vivant. »

APPORTS POUR LA COLLECTIVITÉ
« La création de ce jardin a renforcé les contacts entre les locataires d’origines diverses. Les rencontres sont facilitées par les nouveaux réflexe s adoptés par tous : on vient porter les épluchures dans les composteurs, on profite du soleil assis sur les bancs à regarder pousser les haricots et suivre les oiseaux qui se disputent un ver, et on papote de tout et de rien.

La météo de cet été a permis un développement rapide des fleurs et des légumes, chacun a pu déguster quelques tomates, radis, salades, cultivés de la manière la plus saine possible et profiter des fleurs.

En septembre nous avons organisé un apéritif pour fêter les premiers mois d’existence de notre jardin et renforcer les liens sociaux entre locataires jardiniers ou non.

Notre satisfaction : notre travail fait des envieux parmi les voisins qui ont vue sur ce poumon vert, et notre réalisation a été très agréablement appréciée par le bailleur. Malheureusement notre jardin n’est pas visible de la rue. »

PROJETS COMPLÉMENTAIRES
« En 2019 nous ferons peut-être une proposition de projet pour matérialiser le terrain de boules au pied d’un banc malheureusement non déplaçable car scellé dans un bloc de béton, ou ?… Enfin les idées ne manquent pas… »

Cette belle réalisation montre qu’avec de la volonté et de l’imagination mais aussi de la correction, de la discipline, du respect des règles de vie en commun, on peut améliorer notre cadre de vie.

Un refuge pour les oiseaux et les insectes

Texte : Martine et Michel Milin et Didier Sagon – Photos : Martine et Michel Milin

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