Les jardiniers se mobilisent pour le climat

A quelques jours de la COP21, le Pacte pour le Jardin publie un livre numérique Les Jardiniers se mobilisent pour le climat. Cette contribution à la mobilisation de la société civile en vue de la conférence Paris Climat 2015 est mise à la disposition en mode creative commons. A l’heure où nous sommes toutes et tous appelés

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Les jardiniers se mobilisent pour le climat

Les jardiniers se mobilisent pour le climat

Pacte pour le Jardin publie un livre numérique Les Jardiniers se mobilisent pour le climat. Cette contribution à la mobilisation de la société civile en vue de la conférence Paris Climat 2015 est mise à la disposition en mode creative commons. A l’heure où nous sommes toutes et tous appelés à contribuer à réduire l’ampleur du changement climatique et à nous préparer à nous adapter aux évolutions inéluctables, le Pacte pour le Jardin a souhaité aider à comprendre et agir. Les dix-sept millions de français(es) qui jardinent dans des formes et des conditions très diverses, sont déjà, sans le savoir, des « ambassadeurs du climat ». Parce qu’ils prennent soin de leur jardin, qui est une parcelle de l’ensemble des écosystèmes, liés entre eux sur cette planète, et que nous avons en commun. Pour Christophe Juif, président de l’association Pacte pour le Jardin, « il importe dans la perspective de la conférence #COP21 Paris Climat 2015, et à l’heure de la mobilisation de la société civile, de rendre hommage au rôle des millions de jardiniers en le portant à la connaissance de tous. Il fallait aussi dire en quoi et comment le jardin est un améliorateur du climat, et comment préparer son jardin aux évolutions du climat. C’est le triple objectif de ce livre numérique que nous souhaitons partager très largement via le web et les réseaux sociaux ». Il ajoute : « Nous remercions les auteurs des textes et des illustrations pour la qualité de leur contribution, avec une mention spéciale pour le témoignage de Jean-Marie Pelt pour qui les jardins sont des oasis dans notre monde. Ces pages sont faites pour être partagées, nous appelons chacune et chacun, à les faire passer à ses proches, pour que tous nous soyons ambassadeurs du climat. » Découvrir le livre numérique Les jardiniers se mobilisent pour le climat sur le site du Pacte pour le jardin.

L’émission Télématin, sur France 2, a consacré le lundi 30 novembre 2015, jour d’ouverture de la Conférence Paris Climat, plusieurs sujets à la COP21 et au climat. Le premier était un sujet jardin où Philippe Collignon, à partir de ce livre numérique, a mis en avant plusieurs manières de jardiner bioclimatique. Le sujet est à voir en cliquant ici.

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Christophe Juif, président du Pacte pour le Jardin

Extrait de l’édito de Christophe Juif

Le changement climatique ne fait plus débat, il est en cours. Et son origine n’est plus contestée : c’est l’activité humaine qui en est la cause. Il est devenu le plus grand défi auquel l’humanité ait à faire face, parce qu’il est vraiment global et concerne tout le monde. Peu à peu il est entré dans notre vie quotidienne. Certes le fait que Paris accueille en décembre prochain la 21ème Conférence des Parties sur le changement climatique (COP21), sous l’égide des Nations Unies, accentue notre sensibilité. Mais au-delà de cette échéance le changement climatique est présent pour le jardinier qui voit la stabilité de son sol modifiée par l’évolution du régime des précipitations, celui ou celle qui voit apparaître des espèces inhabituelles…

Retrouvez l’édito dans le livre numérique : Les jardiniers se mobilisent pour le climat.

Extrait de l’article « Conseils pour créer votre jardin oasis »

Texte : Guylène Goulfier – Illustration Caroline Koehly

Comment le jardinier citoyen peut-il s’engager pour le climat ? En fleurissant, verdissant et végétalisant le plus possible son jardin, les alentours de la maison ou tout simplement sa terrasse, son balcon !

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Exemple d’un jardin favorable au climat

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Jardin délimité par des haies

Installez une haie

Outre qu’elle clôt joliment le jardin, la haie a un impact sensible sur le micro-climat. Elle sert, bien sûr, de brise-vent efficace. Alors qu’un mur protège le terrain qu’il borde sur une longueur égale à 2 fois sa hauteur, la protection d’une haie est, elle, de 10 à 20 fois sa hauteur. Non seulement cet écran végétal limite les effets du vent violent (déformation des plantes, lacération du feuillage, dessèchement, érosion des sols légers, etc.) mais il régule la température augmentant celle-ci de 2 à 3°C. La haie améliore ainsi la précocité et le rendement des cultures fruitières et potagères.

Une haie efficace est perméable. En effet, le vent doit être régulé par les branchages des arbres et non arrêté. Des tourbillons se forment ainsi au pied des haies imperméables, composées de conifères, réduisant leur qualité de brise-vent. En conséquence choisissez de créer une haie variée, comprenant diverses espèces d’arbustes, au feuillage caduc et persistant.

Lors de la composition de votre haie, faites-vous bien sûr plaisir avec des plantes horticoles, celles qui vous séduisent par leur beauté mais essayez de laisser une large place aux espèces autochtones. Celles-ci poussent dans la nature alentour et sont, en conséquence, parfaitement adaptées à votre terroir, c’est-à-dire au sol et au climat local.

Les plants en conteneur peuvent s’installer toute l’année en dehors des périodes de canicule et de gel mais privilégiez la plantation en septembre / octobre. Le sol est suffisamment chaud pour que les racines s’installent avant l’hiver et les pluies automnales permettent de réduire l’arrosage. Préférez également des scions d’un an : ils s’adapteront de façon bien plus sûre et rapide que des plants plus âgés.

Reproduisez la nature en échelonnant les hauteurs des plantes de la haie. Plantez vos arbustes en quinconce en plaçant des buissons devant les arbustes de plus haute taille. Attendez également deux ans après la plantation de la haie pour installer à son pied des plantes de lisière, horticoles (astrante, myosotis du Caucase, épimédium, etc.) ou sauvages (ancolies, digitales, grande consoude, bugle rampante, etc.).

Que faire lorsque l’on hérite d’une haie de thuya, de laurier-palme, … ?

Installez devant cet écran, par-ci, par-là, des arbustes de faible ou moyenne vigueur (houx, viorne, cornouiller, etc.) et, surtout, le plus possible
de plantes grimpantes. Houblon, vigne-vierge, renouée grimpante au fort développement, envahiront ainsi rapidement les thuyas ou les lauriers et feront oublier leur aspect uniforme.

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Pelouse et rosée matinale

Couvrez le sol d’une pelouse, d’une prairie

La pelouse a un grand pouvoir rafraîchissant grâce à son évapotranspiration. Les températures au-dessus d’un gazon peuvent ainsi être inférieures de 6 à 9°C à celles constatées au-dessus d’une surface bétonnée. On estime que l’impact de 100 m2 de pelouse équivaut à 70 tonnes d’air conditionné !

Couvrir son sol d’une pelouse ne signifie pas obligatoirement avoir un green, un gazon vert et ras, régulièrement tondu. Plusieurs types de pelouse peuvent aujourd’hui orner votre jardin.

Choisissez une pelouse adaptée à la situation de votre jardin. Celui-ci est ombragé et les graminées s’y étiolent ? Remplacez-les par des couvre-sol au feuillage persistant : lierre, pervenche, pachysandra, etc. Dans le Midi, sous le soleil brûlant, choisissez au contraire des plantes sans exigences comme le kikuyu, le gazon des mascareignes ou la verveine nodiflore. Vous trouverez dans le commerce divers types de pelouse pour ensemencer votre terrain mais vous pouvez aussi faire le choix de laisser s’implanter les herbes spontanées (pâturin, pâquerette, trèfle, etc.). Vous aurez ainsi l’assurance d’obtenir une pelouse parfaitement adaptée au terroir, ne demandant aucun arrosage, variée et vivante.

Tondre le gazon toutes les semaines, à 2 / 4 cm de hauteur est inutile voire néfaste (le sol se tasse sous les passages de la tondeuse et les graminées sont affaiblies par la suppression de leur feuillage). Essayez plutôt de tondre haut (7 / 8 cm, en laissant un tiers du feuillage), tous les 10 à 15 jours seulement.

A tenter : tondre seulement des allées dans la pelouse qu’on laisse s’épanouir en prairie et que l’on fauche en fin de printemps et en automne. Le foin alors obtenu composera un mulch efficace dans le potager.

Cultivez un potager

Cultiver un potager est aussi bien une source de plaisir que d’économies. Récolter ses propres légumes nous ancre dans la saison et nous permet de limiter nos déplacements en magasin. Des techniques alternatives de jardinage naturel nous permettent aujourd’hui de gagner encore en autonomie.

Que vous cultiviez vos légumes en rangs classiques, dans des carrés surélevés ou bien sur une butte, veillez à les mélanger le plus possible. Ainsi céleris, choux pommés et tomates peuvent-ils s’intercaler, radis, salades et carottes se semer ensemble, ou des haricots grimpants partir à l’assaut de maïs doux tandis qu’un plant de courge s’étale à leurs pieds. Semez avec ces potagères des fleurs annuelles (bourrache, capucine, chrysanthème comestible, etc.) et le plus d’aromatiques possible : coriandre, aneth, cerfeuil, cumin, etc.

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Potager bio

A condition de laisser suffisamment d’espace et de lumière à chaque plante, cultiver ainsi la diversité dans le potager limite les attaques de maladies et de ravageurs, perturbés dans la recherche du légume cible. Dans le jardin au naturel on réduit le plus possible l’utilisation de pesticides en s’essayant à la tolérance. Aussi, au lieu de traiter les pucerons qui envahissent les choux, observe-t-on que ces ravageurs ne mettent pas en danger le légume et qu’en quelques jours leurs prédateurs naturels (larves de coccinelle, chrysope, syrphes, etc.) nous débarrassent de ces insectes piqueurs suceurs. Et s’ils s’avèrent réellement gênants… un jet d’eau savonneuse suffit à les déloger de nos chers légumes.

Pour éviter de perturber la vie du sol et mettre ce dernier littéralement sens dessus dessous, il est recommandé de ne pas retourner le terrain par le bêchage ou le labour. Remisons donc le motoculteur pour lui préférer la fourche bêche ou la grelinette qui se contentent d’aérer les couches superficielles de la terre. Mieux encore : ne touchons plus du tout à cette dernière. Il est important dans le potager de ne jamais laisser le sol nu. Il convient donc de le couvrir avec des mulchs divers (tonte, paille, feuilles, etc.) ou bien avec des engrais verts : phacélie, moutarde, sarrasin, etc. N’oubliez-pas les passe-pieds, ces espaces entre les légumes où circulent le jardinier et n’hésitez pas à les ensemencer en trèfle, ray-grass et autres plantes vivaces.

Que faire lorsque le sol du jardin est trop ingrat, peu épais (voire inexistant) ?

Un cas fréquent avec les terres de remblai autour des maisons neuves ou bien certains terrains à vigne du Sud de la France. Il est alors nécessaire de cultiver hors-sol, le temps que la terre du jardin s’enrichisse et s’épaississe. Comment ? En installant des potagers en lasagne.

Pour cela il suffit de disposer sur le sol (même enherbé), en les alternant, diverses couches de matériaux bruns (c’est-à-dire assez secs comme du BRF (bois raméal fragmenté), de la paille, des feuilles mortes, etc.) et verts (tontes, déchets de la cuisine, etc.) sur une hauteur de 40 à 60 cm. Couvrez le tout d’une couche de terre ou de compost dans laquelle vous sèmerez et planterez les légumes. Nul besoin alors d’engrais : la matière organique en se dégradant dégage chaleur et nutriments, favorisant la croissance des plantes.

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Façade végétale d’un immeuble parisien

Habillez les façades

Rosier, glycine, chèvrefeuille, volubilis, etc. Les plantes grimpantes que l’on installe pour couvrir les façades créent un micro-climat, une véritable climatisation végétale. Ce couvert régule en effet les écarts d’humidité et thermiques. On estime ainsi que les plantes grimpantes peuvent réduire de 50% les fluctuations de température d’un mur. Les végétaux filtrent les rayons ultraviolets, captent les polluants atmosphériques, protègent des bourrasques de pluie, du gel et du dégel. Quant à leurs méfaits supposés (les grimpantes abîment le mur, leur racines sont gênantes…) quelques gestes suffisent pour les dépasser !

On reproche souvent au lierre (et à d’autres plantes radicantes, c’est-à-dire celles qui s’agrippent à leur support grâce à des crampons ou des ventouses) d’abîmer les crépis ou les joints entre les pierres. Ce qui est vrai… Si les murs sont déjà détériorés. On leur préférera alors des végétaux dont les tiges se fixent ou s’enroulent d’elles-mêmes sur un grillage ou un treillage.

Installez le treillage en laissant un écart de 3 à 5 cm entre ce support et le mur. Plantez les végétaux à environ 50 à 60 cm (80 cm s’il y a les canalisations de la façade en veillant à orienter leurs racines à l’opposé du mur).

Mélangez les plantes grimpantes entre elles par exemple en laissant grimper des clématites ou des volubilis dans des rosiers. Pensez également aux plantes sauvages : une clématite des vignes, du houblon se mêlent joliment à la vigne vierge… Certains arbustes et arbres fruitiers se prêtent très bien au palissage : cognassier du Japon, poirier, etc.

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Groseillier

Plantez des fruitiers

Vous rêvez d’un pré verger où des pommiers, poiriers et autres pruniers étalent largement leurs branches mais ne disposez que d’un (tout) petit jardin ? Qu’à cela ne tienne : il y a plusieurs façons d’introduire des fruitiers chez vous.

Par exemple, en plantant des petits fruits (groseillier, cassissier mais aussi amélanchier, aronia, etc.) dans le potager, au milieu d’un massif, au pied d’une haie, contre une clôture… Ou encore en choisissant des arbres qui sont naturellement de faible envergure comme les cognassiers, les néfliers, etc.

Vous pouvez également installer dans le jardin de petites formes de fruitiers : pruniers en gobelet, cordons de pommiers, poiriers en palmettes, pêchers palissés à la diable. Ces arbustes demandent un suivi particulier dans leur taille d’entretien (qui s’acquiert rapidement).

La suite de l’article en téléchargeant le livre numérique.

Téléchargez le livre numérique : Les jardiniers se mobilisent pour le climat.
Plus d’informations sur le site internet du Pacte pour le Jardin.

Texte et photos : Pacte pour le jardin

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