Juillet – Août 2016

LVJJ 414Numéro 414

Juillet – Août 2016

L’humeur de Claude Bureau

Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes ni les échalotes avec les échalions.
Sur nos marchés, est souvent vendue sous le nom d’échalote une variété d’oignon au bulbe « d’échalote rose », nommée par les jardiniers ÉCHALION (parfois échalote de semis). Afin de contenter nos amis Hollandais, l’Union Européenne accepte d’appeler ce cultivar d’oignon du nom d’échalote, en attendant une définition précise au niveau communautaire.
Pour nous, jardiniers français, il n’existe que deux sortes d’échalotes : l’échalote grise et l’échalote rose. L’échalote vraie, ne produisant que très rarement des graines, est uniquement multipliée par CAÏEUX : une fois mis en terre, ces bulbes donnent naissance à plusieurs caïeux qui forment une touffe unique et qui atteindront chacun le volume du bulbe initial. L’échalote grise, la plus appréciée des jardiniers et des gastronomes, est plantée à l’automne. L’échalote rose (à mon avis de moindre saveur) est mise en place au jardin de février à fin mars. Un manque de description variétale officiellement reconnue, permet aux catalogues des semenciers de proposer au consommateur des graines d’ÉCHALOTES DE SEMIS en garantissant ces semences « indemnes de virus » pour attirer le chaland. Les plus honnêtes d’entre eux désignent ces échalions sous le nom connu et apprécié de CUISSE DE POULET.
L’échalote fait partie du patrimoine horticole français : elle était déjà cultivée dans les jardins de Charlemagne sous le nom d’ESCHALOIGNE. Au XIIIe siècle, les marchands de légumes de Paris vendaient « les bonnes eschaloignes d’Etampes ». Etampes et ses environs cultivaient en grand au Moyen Âge, l’échalote pour l’exportation et approvisionner les halles de Paris. La culture de l’échalote était également très étendue en Normandie. Pour les « chefs-cuisiniers »des « grandes maisons », l’échalote était souvent utilisée pour sa saveur particulière. Plus fortes et plus parfumées que celles de l’oignon, beaucoup plus douces que celles de l’ail, les feuilles peuvent être utilisées comme celles de la ciboule.
Il y va de notre intérêt (tant patrimonial que gastronomique) pour nous jardiniers, de défendre- par tous les moyens -l’échalote vraie et d’exiger des autorités françaises compétentes (GNIS et GEVES entre autres) de régler définitivement ce problème de contrefaçon : similaire à un abus de confiance.
Ne plantez au jardin familial que des « semences bulbes » d’échalote et sur le marché, exigez des échalotes françaises étiquetées : « ÉCHALOTE TRADITIONNELLE ».

Claude Bureau – Maître Jardinier
sur France Info les samedis et dimanches / 5h25 – 7h27 – 11h55

Au sommaire de ce numéro :

L’HUMEUR DE CLAUDE BUREAUX
Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes, ni les échalotes avec les échalions

LE SAVIEZ-VOUS ?
L’échalion

LE COIN ASSOCIATIF
Je suis solidaire
Fil rouge : la certification des centres de jardins continue

LE JARDINAGE RAISONNÉ
Le sol, une matière première inestimable
Bio ou pas bio, quels usages des insecticides

LE COIN LOISIRS
Découvrez les jardins du sud de la Suède

LE COIN POTAGER
Le cresson de fontaine : donnez du piquant à vos salades
Des courgettes à gogo !
La cacahuète

LE COIN AGRÉMENT
L’exubérance des pavots
Le pistachier

LES PETITS PLATS

LES TRAVAUX DE SAISON

POUR OU CONTRE
Fabriquer du purin « maison »

LES ENNEMIS AU JARDIN
Les insectes du fruitier

LE COIN VERGER
Le bouturage de l’actinidia « à l’étoffée »
A l’ombre d’une treille « bio »
Comment choisir ses variétés selon la région

LE COIN MATÉRIEL
Outils et biodiversité

CARNET DE VOYAGES
Saveurs d’Irlande
La Bulgarie

LES JEUX DE L’ÉTÉ 

LE COIN BIBLIO 

LE COIN AGENDA 

LE CALENDRIER LUNAIRE 

LE COIN DES INFOS 

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