Les traitements préventifs

Les traitements préventifs

Le jardinage éco-responsable, c’est privilégier les actions préventives aux actions curatives.

L’ortie, un ingrédient précieux pour purins, décoctions…

PRÉVENIR C’EST AVANT TOUT FAIRE LA TOILETTE DU JARDIN
Un jardin propre contribuera à donner des fleurs et des légumes en bonne santé : ce qui limitera l’emploi de pesticides (autorisés au jardin) qu’ils soient de synthèse ou bio.

« PRÉVENIR VAUT MIEUX QUE GUÉRIR » DIT LE DICTON POPULAIRE
La prévention au jardin consiste à créer un cadre favorable au développement équilibré des végétaux.

Association tomates / œillets d’inde

L’objectif est de maintenir les plantes en bon état de santé, de limiter les attaques d’organismes nuisibles par un contrôle de leur
population, et d’éviter les pratiques propres au développement des maladies.

Un jardin doit offrir une diversité d’espèces légumières ou florales afin d’éviter les épidémies et les infestations. Une fois déterminées les plantes compatibles à votre jardin et le climat local, vous pourrez encore réduire les risques en portant une attention particulière au choix des variétés, à la rotation des cultures et aux compagnonnages (associations végétales favorables).

Certaines espèces et variétés anciennes « rustiques » ou traditionnelles sont naturellement résistantes aux agressions mais la recherche horticole nous offre de nombreux cultivars récents, indemnes de maladies (notamment les viroses) ou résistants aux ravageurs.

La plupart des traitements fongicides ou insecticides n’ont d’efficacité qu’à condition d’être appliqués préventivement ou au « bon moment » : c’est-à-dire en respectant un calendrier et la saisonnalité ou dès les premiers symptômes d’une maladie ou d’une attaque de ravageurs.

LES TRAITEMENTS PRÉVENTIFS
De nombreux insectes donnent naissance à des chenilles gourmandes qui passent tranquillement l’hiver au chaud sous les écorces. Les traitements d’hiver permettent de veiller au bon état sanitaire des fruitiers mais aussi des ligneux d’ornement (comme les rosiers).

Il faudra cependant veillez à bien ratisser sous les arbres afin de ramasser les feuilles mortes ainsi que les branchettes et fruits tombés au sol… Brûlez-les, si vous en avez le droit, ou évacuez-les à la déchetterie.

Blanc arboricole

EVITEZ L’INTRODUCTION DES VÉGÉTAUX MALADES AU TAS DE COMPOST
Les maladies et les champignons parasites pénètrent dans les tissus de végétaux par les cicatrices provoquées par la chute des feuilles en automne, par la récolte des fruits, ainsi que par les blessures causées par la taille… Un traitement à la bouillie bordelaise, dès la chute des feuilles à l’automne et avant le départ de la végétation au printemps, est souvent efficace et presque toujours indispensable.

L’utilisation préventive de purin de végétaux et autres éliciteurs permet de stimuler la croissance des plantes, mais aussi leurs
défenses immunitaires. Avec les extraits végétaux, nous agissons pour que la pression parasitaire soit la plus faible possible.

La nature peut nous procurer des principes actifs antiparasitaires, connus par les écrits des anciens « Maîtres Jardiniers » ou des « Moines Jardiniers ». Aujourd’hui, ces méthodes « ancestrales » sont redécouvertes comme alternatives aux produits chimiques de synthèse et surtout utilisées en prévention : il s’agit des purins, décoctions, extraits fermentés, infusions et macérations de plantes (ortie, achillée, consoude, fougère, prêle, pyrèthre, vert de rhubarbe, tanaisie, etc). Il ne faut pas non plus les considérer comme des panacées. Ces recettes font simplement partie des bonnes pratiques mais parfois il vaut mieux ne rien faire du tout et la nature peut retrouver toute seule son harmonie.
Le grand avantage de ces extraits naturels, c’est d’être biodégradables à 100%. Certaines de ces préparations sont élaborées par des professionnels et sont en vente dans le commerce horticole, dans des contenants adaptés à l’utilisation au jardin familial.

Potager où légumes et fleurs sont associés

La décoction d’ail peut être utilisée en début de saison comme répulsif contre les pucerons, les acariens, la mouche de l’oignon mais aussi contre la rouille du groseillier, la pourriture grise du fraisier et la « fonte des semis ».

La macération de feuilles de rhubarbe est efficace en traitements printaniers contre la piéride du chou, les altises, le ver de la pomme et le puceron Lanigère.

Si le purin d’ortie semble le plus utilisé des éliciteurs, la prêle en décoction se découvre être efficace comme fongicide (en traitements
préventifs réguliers, avant floraison) contre la cloque du pêcher.

D’autres extraits fermentés de plantes comme la bardane et la tanaisie sont utilisés contre le mildiou de la pomme de terre et de la tomate. L’oignon contre la mouche de la carotte et la fougère contre les pucerons sont à utiliser en début de saison. Ces macérations s’avèrent être moins efficaces ensuite.

PRENONS DES PRÉCAUTIONS :
Mieux vaut effectuer quelques traitements préventifs, parfois anodins, que de constater en saison une attaque de parasites ou de maladies et utiliser des traitements « dits curatifs » souvent inefficaces.

 

Texte : Claude Bureaux

Photos : Jardinot – Stocklib

Please follow and like us:

Laisser un commentaire