L’huître végétale

L’huître végétale

 

L’aspect des huîtres vous rebute, découvrez la saveur de ce coquillage sous forme végétale, vous serez surpris !

Mertensia Maritima

Je suis la mertensie maritime « Mertensia maritima », plante vivace, rampante de la famille des Boraginacées (consoude, bourrache…).
Venant des USA, je me suis implantée en France, en Manche et sur la côte atlantique. Une cueillette trop intense dans les années 30 à 50 a eu raison de moi sur les côtes normandes. Je suis maintenant une plante protégée et il est interdit de me cueillir dans la nature.

Aujourd’hui, les chefs cuisiniers font connaître aux gourmets mes feuilles croquantes, ovales et lancéolées, au goût très prononcé d’huître. Pour répondre à la demande, des serres sont installées aux Pays-Bas, et quelques producteurs français se sont lancés dans l’aventure. Je suis rare et donc chère : 0,50€ la feuille, le prix d’une huître !

Mes feuilles se consomment crues ou au vinaigre comme les cornichons, seules ou en accompagnement de poissons ou de salades. Elles sont riches en minéraux et métaux et s’oxydent rapidement, il ne faut prélever que ce que l’on mange tout de suite.

Les producteurs (voir internet) fournissent graines ou plants (10€ le godet de 7 cm). Vous me trouverez aussi sous les appellations :
pulmonaire de Virginie, sanguine de mer, oysterleaf ou sea lungwort. Il est préférable de me planter de septembre à novembre en pot (50 cm de haut, 50 cm de diamètre) ou en bacs ( 7 à 9 plants au m 2), remplis d’une couche de drainage de 4 cm et d’un mélange de 50% de terreau et 50% de sable de mer. Un bon arrosage à la plantation précédera un arrosage modéré à partir du printemps car mes rhizomes n’apprécient pas l’eau stagnante.

Ma partie aérienne disparaît en hiver puis mes jeunes rosettes réapparaissent au printemps. Mes racines résistent à -25°C et n’aiment pas la concurrence des autres plantes. Un apport d’engrais complet, utilisable en culture biologique, chaque année en début de végétation va me faire prendre de l’ampleur (15 cm de haut pour un diamètre de 40 cm). J’apprécie le soleil voilé et la mi-ombre, ne crains pas les maladies et résiste à la sécheresse. Par contre je suis très appréciée des limaces, escargots et pucerons qu’il faudra piéger ou écarter.

De mai à août mes fleurs comestibles bleues en clochettes virent au rose donnant des graines qui vont se semer naturellement. Des semis sont possibles en février après avoir placé les graines récupérées 3 semaines dans le bas du réfrigérateur. Le semis est aléatoire (20% de levée) et le coût des graines chez les vendeurs spécialisés exorbitant (1 € la graine). Je me bouture également.

 

Texte Didier Sagon – Photo Stocklib

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