Ce que je sais de Michel Lis le jardinier, alias Moustache Verte.

Hommage à Michel Lis

Hommage

 

C’était il y a un an, le 9 juin 2015 précisément, que Michel Lis le jardinier, alias Moustache verte rejoignait le paradis des fleurs et des oiseaux à l’âge de 78 ans.

Au jardin de Michel Lis, les oiseaux se sont tus.

Dès qu’il est arrivé à Saintes, je l’ai su ! Et j’ai également aussitôt, su qu’il aimait notre Saintonge, comme moi ! Nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises chez des amis communs, dans des salons du livre. C’est Madeleine Chapsal qui m’indiqua que Michel recherchait un secrétaire. Et voilà ! pendant plus de 6 années, nous avons été complices comme il n’est pas permis de l’être. Nous avons écrit de nombreux livres, des articles, des chroniques  et c’étaient des moments de bonheur indicible. Nous explorions tous les deux l’univers du jardin, du monde animal, de la botanique : les orties, le ginkgo, la santonine, l’oiseau de pluie, l’aubergine, le poivre des moines, l’abeille, le sarcococca, le paulownia, le solidago, le hérisson … en avons-nous partagés des moments uniques, tous les deux dans son bureau niché au fond de son jardin magnifique de Saintes ! Nous évoquions Rabelais, Louis XIV, la Commune, Ravaillac, Goulebenéze, notre « petite patrie » qu’est la Saintonge …

A chaque saison sa plante ou son animal et surtout ses anecdotes historiques ou ses légendes qui faisaient tour à tour sourire ou réfléchir. La Saintonge était son jardin et le reste du monde en était le miroir éternellement vif et coloré. Michel Lis aimait les plantes. Son regard pétillant sur la nature était formidable. Michel était aussi un aventurier naviguant sur un océan de fleurs, en solitaire. Il décidait en maitre et cependant devait se résigner à mourir en apprenti.

La nature doit inciter à la modestie, à la tolérance, à un humanisme qui seul nous permet de vivre avec les autres, quels que soient les grades et les qualités. Descendre dans le jardin de Michel Lis, c’était aussi synonyme de séduction et de partage. Pour Michel Lis, sa muse Marlène qui le suit depuis toujours, est le rempart à tout, le refuge et l’envie de se surpasser. Son jardin est un émerveillement.

Quand vous le rencontriez, il regardait toujours loin devant lui. Le temps, le climat l’attiraient. Les anecdotes, les histoires, les conseils et aussi ses billets d’humeur étaient ceux d’un Saintongeais soucieux de l’autre, respectueux de la nature. Cela commençait bien souvent en franchissant le seuil de son jardin où il faut savoir écouter le rouge-gorge, voir courir le hérisson, sourire aux étirements du chat baigné de soleil et savourer l’ombre du tilleul odoriférant, envahi par les abeilles bienfaisantes.

Aujourd’hui, les oiseaux de son jardin sont devenus muets. Michel Lis ne les entend plus mais il nous laisse cependant une œuvre considérable faite de chroniques, de livres, de préfaces nombreuses et de cette irrésistible envie de partager un savoir devant lequel on ne peut que se faire humble.

Michel m’a confié de très nombreux textes et j’aimerai en faire profiter les lecteurs et les auditeurs éventuels pour montrer à quel point son goût de la langue française, de ses subtilités était ancré en son cœur, au plus profond de lui-même et son amour de la Saintonge prenait une partie majeure du reste.

Ultima Verba

Quand le grand vent de l’automne m’emportera comme autant de feuilles mortes,

Quand mon ombre aura disparu du mur de ma chambre comme un nuage fuyant le dernier orage,

Que je serais devenu cette fleur de pissenlit éparpillée par le souffle d’un bourdon,

Que le chardon épineux rivalisera avec l’ortie, que les brûlures de la vie se seront adoucies, vapeurs dorées s’élevant au-dessus des étangs,

J’embarquerai sur le grand fleuve qui coule paisiblement vers l’océan.

Les peupliers et les trembles frémissants me feront une haie d’honneur jusqu’aux sables du delta où sont venus mourir tant de grands navires par des nuits de tempêtes.

J’ai cru marquer d’une ride indélébile le sable de la plage où courent de grands oiseaux criards. Une vague est venue l’effacer pour que vos doigts tracent des dessins nouveaux.

Ainsi va la vie, elle vient et s’en va telles ces yoles pointues conduites par des matelots silencieux…

Dans le lointain, une cloche sonne. Sur le chemin des douaniers, en haut de la falaise, passe une charrette aux roues grinçantes. Personne ne la conduit. Laissez-moi y monter, vous aurez bien le temps après, de m’oublier.

« Mort dans la dignité » : qu’y a-t-il de digne dans la mort ? Une douleur qu’on efface, un destin qui se rompt comme un ruban mal noué.

N’ayez pas le souvenir trop triste, pensez aux rêves qui coloreront vos printemps à venir. Je ne veux plus être que couleur d’outremort, telles ces passeroses qui ont jalonnées mes chemins de traverse.

Apaisez vos douleurs en tuant la mienne le moment venu et soyez les héritiers de mes bonheurs, petits et grands, vécus au côté de cette lumière, petite source de vie, qu’est votre maman.

Michel LIS

Quelques mois avant sa disparition, je lui avais demandé, dans le secret inexpugnable de son bureau niché au fond de son jardin, je lui avais demandé donc de m’écrire un texte sur la notion d’espoir. Je ne le savais pas alors, mais c’est ce texte que j’ai lu lors de ses obsèques d’abord à la Cathédrale Saint-Pierre puis au crématorium de Saintes. Et pendant toute la durée de la cérémonie à la cathédrale, un oiseau voletait, très haut sous la nef nimbée de lumière et cela a ému chaque personne venue partager notre peine commune.

La vie est le plus beau cadeau de l’espoir.

Espérer c’est marquer sa volonté alors que le plus profonds des désespoirs vous ronge. Pourtant, l’un ne va pas sans l’autre. C’est là une des plus grandes faiblesses de l’homme. Espérer, c’est aller de l’avant, désespérer au contraire c’est reculer et sombrer dans l’oubli. Encore faut-il que l’espoir ne soit pas qu’un fard servant à maquiller le désespoir. Le premier vient du fond de l’âme, le second du ventre. Espérer, c’est triompher du malheur.

« Gémissons, gémissons », dit l’homme qui ajoute aussitôt : « Mais espérons ». C’est une clef pour continuer à vivre dans l’absence de l’autre.

L’espoir est comme le bonheur. C’est une montre que l’on doit remonter chaque jour afin de marquer l’heure de la résilience.

« Je me souviens », disent les Québécois. Se souvenir pour ne jamais oublier mais également pour que nos enfants nous gardent dans leur mémoire.

Dénouez les rubans de l’absence qui ne sont que vanités afin de révéler cet espoir qui monte en vous.

Les nuages des regrets ne sont que le tas de cendres de l’oubli. Faut-il donc toujours espérer afin de continuer à vivre ?

Oui, car la vie est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à nos chers disparus.

Michel Lis le Jardinier dit Moustache verte

Mais évoquer Michel Lis le jardinier, c’est aussi parler de son amour des livres, de son érudition jamais envahissante, de ses connaissances extraordinaires et encyclopédiques …

Juste un mot.

Les livres sont les prisons des mots sauf pour ceux qui connaissent le latin « Scripta manent, verba volant ». Les mots alors s’envolaient pour se poser comme les papillons sur une fleur, sur les choses et les êtres. A dos de colporteur, au coin des cheminées, ils circulent, voyagent, changent de couleur, de sens, au gré des vents, des humeurs. Les mots sont libres de raconter ce qu’ils veulent.

Il y a les petits mots qui vous invitent, les mots d’amour, roses et bleus, qui déclarent votre amour à l’autre. Des mots forts qui ont nom liberté, des mots de la fin qui ne sont pas toujours les derniers. D’autres qui vont par deux pour apostropher un quidam ou pour le provoquer en duel, des mots grossiers, sales et dégoûtants, des gros élégants dans la bouche d’une marquise jurant comme un charretier, des mots fins qui ont de l’esprit et des mots de passe qui font le trottoir. Des mots si beaux qu’on n’ose pas les porter à ses lèvres, des mots pièges pour convaincre plus facilement un interlocuteur.

Des mots, des mots, il y en a de toutes les couleurs, de tous les goûts, ceux qui font mal en vous tombant sur le pied, des mots qui font du bien, qui réconfortent. N’oubliez-pas les mots pour rire qui font parfois pleurer, les mots qui blessent sans le vouloir, des mots qui tuent, les mots qui se croisent sans se parler. Des mots que l’on va crier au désert pour qu’on ne les entende pas et qui portés par le vent font le tour de la terre.

J’ai connu des mots invariables qui ne changeaient jamais d’idées, des mots féminins ou masculins qui se marient parfois à l’église du pluriel et du singulier tels amour, délice et orgue. Des mots clef pour ouvrir les consciences et les mots secrets pour leur intimer l’ordre de se taire. Avec des mots, on peut construire des châteaux en Espagne, des mots de trop qui déclenchent les drames surtout quand on ne connait pas le fin mot de l’histoire !

Comme les cracheurs de feu de la Foire du Trône, je suis devenu cracheur de mots, pas de tous quand même car il y a ceux dont la prononciation est difficile et qui vous restent sur le bout de la langue.

Encore un effort lecteur, la parole est au bout du chemin, de la route où baragouinent les étrangers et qui font de beaux bouquets de bagatelles sur le seuil de la porte.

Et petits enfants, n’y allez pas mot à mot dans la cour de l’école en courant à cloche-pied, courez, courez !

Encore un mot pour vous, le mien : je vous aime.

Michel LIS

 

Michel était également un humaniste qui croyait en l’homme.

L’homme avant tout.

De tous les voyages que l’on a fait, c’est toujours du premier dont on se rappelle le mieux. En ai-je fait des voyages dans ma double vie de grand reporter et de jardinier !

Sauts de puce ou visites éclair pour traquer l’événement, l’actualité, tout entier accaparé par ce sujet, je n’avais pas le temps de m’attarder dans le pays où mon journal m’avait envoyé. Le journaliste est l’historien de l’instant selon une vieille formule et capte d’un seul regard un pays, un paysage, des décors où s’agitent les hommes qu’on vient voir combattre, mourir ou danser dans des fêtes « sardanapalesques ».

Engagé à 16 ans comme mess-boy sur un cargo norvégien, un vieux maître d’équipage m’avait pris en amitié. Il me parlait de tous ces ports où il avait accosté : Valparaiso, Le Cap, Dublin, Hambourg, Hong-Kong… et il ajoutait : « Ne fait pas comme moi, petit, de toutes ces villes qui font rêver, je n’ai jamais connu que le premier bistrot du quai ».

Alors, j’ai voulu plus tard poser sac à terre pour voyager, enfin, autour de mon jardin ! Le camélia m’a raconté le Japon, le géranium l’Afrique du Sud, le dahlia le Mexique, la pomme de terre et la capucine le Pérou… Que de voyages ainsi ai-je fait en écoutant simplement les fleurs de mon jardin.

Voyager certes, c’est changer de pays, d’horizon. Ce qui importe est de se passionner pour les hommes et les femmes rencontrés plutôt que pour les monuments. En une phrase, ils vous disent plus sur l’âme d’un pays que mille pierres vénérables, seulement témoins d’un passé alors que le voyage c’est avant tout partir à la recherche du présent.

Vous me parlez d’hospitalité ? Ecoutez.

Un ermite chinois retiré au désert possédait la plus belle collection de bonzaïs qui soit. Il veillait sur ses petits arbres comme sur la pierre où Moïse grava ses dix commandements. Un soir de grand froid, les nuits sont glacées dans le désert de Gobi ou en Mandchourie, un voyageur égaré frappa à la porte de l’ermitage. Le sage ouvrit (et referma très vite car il faisait froid) et accueillit le voyageur à l’article de la mort. Rien ne le réchauffe, ni couverture de laine, ni matelas de paille. En désespoir de cause, le vieil ermite n’hésite pas. Il jette dans le foyer tous ses précieux bonzaïs pour alimenter un grand feu revigorant. Ce sacrifice extrême redonna des couleurs au voyageur qui reparti guéri dès le lendemain, sans se douter de ce sacrifice de l’ermite au grand cœur.

          Michel LIS

 

A présent, tellement d’anecdotes se pressent, se bousculent tonitruantes, il me revient tellement de combats qu’il a mené jusqu’au bout, je n’aurais pas assez de tout ce temps que vous consacrez actuellement à la lecture de cet hommage pour tout dire.

Une exception cependant. Nous étions devenus intimes, plaisantions des mêmes histoires, racontions notre Saintonge que nous partagions dans ses travers ou ses merveilles et un jour, il me demanda d’écrire la préface d’un livre à naître : « Mes saisons en Saintonge » – Bonne Anse – 2009.  Il n’ignorait pas le grand intérêt que j’avais pour Pierre Loti, ce Saintongeais célébrissime à qui j’ai consacré depuis tant d’années de nombreuses études, des écrits et même des conférences ou des visites guidées à la Roche Courbon. Quand on s’appelle Lis, quoi de plus normal que de s’occuper de Loti (nom d’un laurier rose poussant à Tahiti et qui fut donné par les suivantes de la reine Pomaré au bien jeune Julien Viaud alors marin en expédition dans le Pacifique) ! Cela rapproche ! et je me mis à la tâche en imaginant que j’étais Loti s’adressant à Michel Lis.

La Saintonge est son jardin.

Du plus loin de mon éternité, je n’en conserve pas moins un regard attentif sur ma Saintonge. Celle que j’ai aimée, celle que j’ai défendue et celle vers qui je revenais toujours après ces voyages autour du globe. Mon esprit est toujours attaché et vivace dans les rues de Rochefort, dans les bois d’Echillais, les dunes d’Oleron et la forêt de la Roche Courbon. Tous ces endroits représentent pour moi des rencontres, des douleurs et des joies intenses ponctuées de solitudes irrépressibles que seule la nature pouvait adoucir.

La brise était vivifiante et délicieuse. Sous le vent des marais cela sent le sel, le goémon et la violette. Dans le vent des dunes, cela sent le sable, les œillets roses et les immortelles. Oleron où je réside à présent était sauvage, âpre. Les arbres sont rabougris, couchés par le vent. Dans les bois de l’île fleurissent des lentisques, des plantes d’Algérie. Il y a du vent, un temps sombre et triste, des petits villages isolés et sur les dunes croît la flore des sables marins, les larges fleurs très parfumées agitées par un souffle du large, ce large qui confine à l’immensité des mers.

C’est Michel Lis qui m’y fait soudain repenser. Je sais son amour des plantes, son regard pétillant sur la nature et sa manière de défendre notre Saintonge me touche véritablement. J’ai fait navale avec son arrière-grand-père et il me semble bien que chez les Lis, cet amour viscéral de la nature passe les générations et se perpétue. Mon éternité se meuble de petites joies infimes que ma mémoire restitue. Les orages effroyables de la Limoise réapparaissent avec les nuages cuivrés et dans l’air, ces zigzags de feu courant dans tous les sens.  Les bois de chênes, la plaine des bruyères résonnaient de ce tintamarre et des druides autour de l’autel s’abîmaient dans des incantations tempétueuses. Et quand ce tumulte cessait, les hérissons couraient après les escargots et j’ai retrouvé cette image si tendre dans les pages de ce beau livre que je préface par plaisir d’être saintongeais et de le faire savoir au-delà de mon néant si habité.

Michel Lis est un aventurier comme moi. J’ai parcouru les mers et les océans et Michel Lis navigue, comme il l’écrit parfaitement, sur un océan de fleurs, en solitaire. Car le jardinier décide en maître et cependant doit se résigner à mourir en apprenti. La nature doit inciter à la modestie, à la tolérance, à un humanisme qui seul nous permet de vivre avec les autres, quels que soient les grades et les qualités. Ces deux phrases, je viens de les extraire des « Carnets saintongeais » de Michel Lis et je les relis avec une jubilation certaine. Je n’ai jamais rien dit d’autre en décrivant cette nature singulière et ses émerveillements incessants. Dans d’étroits sentiers, en franchissant quelques ravins, j’ai découvert des arbres qui font de la nuit verte, hauts, sveltes, groupés en gerbe, à la manière d’un bouquet de bambous. Les roseaux jaillissent de souches si vieilles et si hautes qu’on les dirait montées sur un tronc, comme les dracénas ; de même pour la plus grande de nos fougères, l’osmonde, qui y semble presque arborescente. C’est la région des mousses prodigieuses, qui sur toutes les pierres du sol imitent des plumes frisées. Bien sûr, dans un jardin, on ne peut retrouver ce monde de la Roche Courbon et de sa forêt aux senteurs délicieuses et aux étreintes fugaces. Mais, ma pudeur bue, je ne peux m’empêcher de sourire aux évocations des graines d’orties pulvérisées et mélangées à du poivre et du miel qu’utilisait la Florentine Catherine Sforza ou aux qualités et vertus des artichauts dont Henri VIII, ce passionné, raffolait. Car descendre dans le jardin de Michel Lis, c’est aussi synonyme de séduction et de partage. Tout comme mon jardin de Rochefort avec son bassin, ses fleurs et ses végétaux. Ces fleurs que j’enfermais soigneusement dans des livres ou que je consignais dans de mystérieuses boîtes à souvenirs parce qu’y étaient liés intimement ces moments de séduction et de partage qui ont émaillé toute ma vie.

Pour Michel Lis, sa muse Marlène qui le suit depuis toujours, est le rempart à tout, le refuge et l’envie de se surpasser. Leur rencontre sur la plage du Chay près de Royan nous rapproche encore plus. La Saintonge est riche de marins nombreux dont je fais partie. Ce n’est pas de l’immodestie de ma part car j’ai voué à l’océan une passion sans nom. J’y ai même rencontré des myriades de petites plantes et des argonautes qui naviguaient nonchalamment, toutes voiles dehors. Il y avait profusion de méduses flottantes qui tendaient chacune, à je ne sais quel imperceptible souffle, une transparente petite voile nuancée au carmin, sur la surface du désert bleu. C’était comme une jonchée de fleurs en cristal rose.

Alors oui, en ce moment, moi Pierre Loti et vous, Michel Lis, nous sommes vraiment des navigateurs enracinés mais aux horizons incommensurables.

Mais avant de repartir ailleurs, je voudrais vous parler de Michel Lis, de ce que j’en sais. Son jardin est un émerveillement. Quand vous le rencontrez, il regarde toujours loin devant lui. Le temps, le climat l’attirent. C’est la marque du maître qui n’oublie pas que dans la vie, tout est apprentissage. Les anecdotes, les histoires, les conseils et aussi ses billets d’humeur sont ceux d’un saintongeais soucieux de l’autre, respectueux de la nature. Cela commence bien souvent en franchissant le seuil de son jardin où il faut savoir écouter le rouge-gorge, voir courir le hérisson, sourire aux étirements du chat baigné de soleil et savourer l’ombre du tilleul odoriférant, envahi par les abeilles bienfaisantes. Bon vent Michel Lis… !

Pierre Loti

 

|Didier Catineau, journaliste et écrivain, a fait revivre l’espace de cette préface, l’esprit de Pierre Loti. Sa sensibilité saintongeaise ne pouvait que convenir à ce clin d’œil pour un écrivain dont il défend depuis de nombreuses années, le souvenir.| [3 décembre 2008]

[Préface de l’ouvrage de Michel Lis – Mes saisons en Saintonge – Editions Bonne Anse – 2009]

 

Je me souviens très bien de Marlène et Michel, blottis ensemble dans la salle de séjour de leur maison à Saintes tout près du fleuve Charente, écoutant dans un silence recueilli ces quelques lignes parlant de voyage, de Saintonge et surtout de Michel Lis et à ce que nous, Saintongeais, lui devrons toujours. Cela fut émouvant et je ne l’oublie pas. Comme je n’oublie pas la récompense qu’il reçu pour ce livre avec le Grand Prix de l’Académie de Saintonge : une consécration qui lui toucha le cœur, là aussi, au plus profond. Quelle fierté !

J’arrête là mes évocations car à présent, tout se bouscule et je ne pourrai plus endiguer tout ce flot de réminiscences actives qui se pressent sous mes doigts tapant sur le clavier. Nous avons écumé tous les éditeurs de la France. Certains furent charmants, aimants, d’autres bien ingrats, inconséquents, irresponsables et un assez mufle pour justifier un refus pour un livre que je me proposais d’écrire sur Michel Lis en m’assénant avec force que « sa notoriété était insuffisante ».

Non monsieur ! la notoriété n’est rien du tout comparé à l’amour que peuvent éprouver encore maintenant des centaines de milliers de francophones à l’évocation du nom de Michel Lis le jardinier, alias Moustache verte !

En cette occasion un peu particulière, j’adresse à toute la famille de Michel : Marlène son épouse, Pierre-Marc et Corinne, Christian et Annabelle, Vahina, Loïc et Alexandra, Jean-Philippe, Adrien, Inès, Clothilde, Guillaume, Ambrine, Paul, Lucien toute ma peine et aussi celle de toute une province qui aimait Michel et qui ne peut l’oublier car il fait partie de notre patrimoine à jamais.

Où que vous soyez Michel, vous que je n’ai jamais pu tutoyer, vous qui étiez comme un frère pour moi puisque 15 ans seulement nous séparaient, sachez que votre souvenir est toujours vivace en moi comme aux temps de vos succès radiophoniques et télévisés, comme lors de nos séances de travail, comme lors de nos escapades dans cette Saintonge que vous connaissiez par cœur et que vous ne cessiez de vanter… Les Saintongeais vous aiment.

 

                              Didier Catineau

                              Journaliste  – Ecrivain – Secrétaire particulier de Michel Lis.

 

 

«  Je ne serai pas tout à fait mort, tant que j’habiterai votre souvenir ».

 

     Michel LIS

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