Taille de rosiers et d’arbres fruitiers

Une trentaine d’adhérents ont assisté à cette nouvelle édition de la démonstration de taille des rosiers le matin et d’arbres fruitiers l’après-midi

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Taille de rosiers et d’arbres fruitiers

Une trentaine d’adhérents ont assisté à cette nouvelle édition de la démonstration de taille des rosiers le matin et d’arbres fruitiers l’après-midi, le samedi 22 février 2014, organisée en collaboration avec nos amis « Les croqueurs de pommes » d’Aunis et de Saintonge. Cette démonstration s’est faite en présence de leur président Guy Jouinot, de leur trésorier Bruno Redeuil et des membres du bureau de Jardinot, Jean-Charles Pineau, Jean Bizot, Daniel Naud, Joël Pillière et Christine Brisset. C’est avec les conseils avisés de Monsieur Jouinot que s’est déroulée la taille des rosiers d’un particulier, nous prêtant gentiment son jardin sur Rochefort.

Il existe des rosiers hybrides, remontant, buissonnants, grimpants… Prenant tout d’abord l’exemple concret du rosier remontant, Guy Jouinot explique la période de préparation florale de quarante à soixante jours environ qui permet la pousse à partir des yeux et la possible repousse. Le remontant se caractérise effectivement par plusieurs périodes végétatives avant de se mettre au repos. La taille se fait toujours avant la période végétative (contrairement par exemple au prunus et au forsythia dont la taille se fait après la floraison). En début d’hiver, on peut pré-tailler raisonnablement le rosier pour ne pas le fatiguer (attention au gel). On peut éventuellement pailler (cela se fait surtout dans les régions froides). La taille va permettre de travailler sur des pousses jeunes et donner du volume au rosier mais il y a nécessité à ne pas laisser trop d’yeux.

Les conseils sont de descendre à la première feuille à cinq folioles, de ne pas oublier d’enlever le bois mort, d’enlever au pied toutes les petites branches qui ne servent à rien (et qui épuisent le rosier), de tailler une branche où un œil est à l’extérieur (pour élargir), d’harmoniser la coupe. Les sécateurs sont ensuite laissés aux adhérents pour qu’ils expérimentent eux-mêmes, sans oublier de faire à haute voix « la lecture de la taille » de façon à comprendre comment on choisit ce qui est à ôter et ce qui est à conserver. Différentes questions sont posées, auxquelles le professeur du jour se prête avec plaisir. Une seconde démonstration est entamée avec un rosier palissé garnissant un mur. Il est nécessaire de tailler le plus près possible de la charpente du rosier et de remplacer de temps en temps la branche de charpente par une jeune. Les autres branches seront taillées à « la coursonne » (taillées à 3 ou 4 nœuds) pour que la sève s’y concentre. La démonstration se poursuit à plusieurs, des adhérents mettant la main à la pâte afin de tailler ou nouer des branches. Quelques gouttes de pluie n’ont en effet pas entamé le moral des troupes qui se retrouvent à la fin de la démonstration à l’abri pour déguster un jus de pommes et des petits gâteaux.

La démonstration de l’après-midi se fait comme l’an passé sur l’exploitation de Monsieur Billé à Champservé, commune de Tonnay Charente (près de Rochefort).

Guy Jouinot commence la démonstration de la taille d’un poirier et l’explication de la différence entre œil à bois et œil à fruits. Les yeux ont donné des petits bourgeons, les dards et des brindilles. Environ deux périodes végétatives sont nécessaires pour que l’œil à bois devienne lambourde et s’apprête à devenir fleurs. Différents conseils sont donnés : laisser des tire-sèves, répartir les sous-mères, pensez à bien aérer l’arbre pour le maintenir en bonne santé et éviter les maladies, etc. Un petit objet de forme originale est sorti afin de calculer le nombre de fruits que la branche est susceptible de supporter. Ce sont les feuilles qui fabriquent le sucre pour le fruit, et vingt-cinq feuilles sont nécessaires pour nourrir un fruit. Pour les coursonnes, il faut laisser un peu plus de longueur à la base, et les tailler plus courtes aux extrémités. Une fois la coursonne bien taillée, sauf souci, elle peut être conservée à vie. La démonstration se poursuit avec la coupe de la sous-charpentière qui faisait concurrence avec la charpentière et pouvait donc épuiser l’arbre. Une grosse coupe est faite des branches qui ont poussé en hauteur, pour n’en laisser qu’une afin qu’elle puisse faire des fruits qui la feront ployer et s’arquer et ainsi faciliteront la cueillette. Le centre est ensuite scié (l’idéal étant la forme gobelet) de façon à laisser entrer la lumière.

S’ensuit la taille du pommier « Rubinette ». Comme pour la taille du poirier, différents conseils sont donnés dont ceux permettant de régénérer cet arbre : enlever les lambourdes, créer du bois afin de favoriser l’alternance fruits-bois ; et ceux permettant de débarrasser le poirier de pucerons : passer le jet d’eau ce qui permet d’ôter les nuisibles tout en conservant les coccinelles. Les sécateurs sont laissés à disposition des adhérents, des photographies d’arbres, de fleurs sortent des poches afin de demander des conseils adaptés aux croqueurs de pommes, des discussions s’engagent, des conseils sont échangés. Cette seconde démonstration de taille se termine dans l’ambiance verte de cette exploitation, sous un joli soleil.

Enfin, le troisième temps fort de la journée à été une démonstration de greffe avec des branches de pommiers de différentes variétés. Une greffe anglaise compliquée (variante de la greffe anglaise simple) a été montrée, ainsi qu’une greffe en couronne ; pour chacune des deux méthodes, il a été expliqué la manière d’utiliser le porte-greffe m106, de fendre la branche, de ligaturer avec du raphia vert ou des flexi-bandes (matière plastique flexible biodégradable), de mettre le mastic à greffer et le mastic à cicatriser, etc. Les questions ont de nouveau été nombreuses, deux participants repartant avec le résultat des greffes. Suite à cet effort, une dégustation de quatre-quarts et de jus de pomme a été proposée par Jardinot.

Texte : Bernard Glock

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