Utiliser les engrais verts

Comme c’est bizarre, les engrais verts sont des plantes ! Mais des plantes pas vraiment comme les autres. Outre de structurer le sol pour le rendre plein de vie, je vous invite à explorer ses nombreuses qualités, dont l’aspect économique n’est pas le moindre. Et cette méthode de culture s’inscrit dans

Copyright © Jardinot / photo : Jean-Marc Muller

Utiliser les engrais verts

Comme c’est bizarre, les engrais verts sont des plantes ! Mais des plantes pas vraiment comme les autres. Outre de structurer le sol pour le rendre plein de vie, je vous invite à explorer ses nombreuses qualités, dont l’aspect économique n’est pas le moindre. Et cette méthode de culture s’inscrit dans la pratique du jardinage raisonné®. A vous de l’adopter.

C’est quoi, un engrais vert ?
Les engrais verts sont des plantes qui ne sont pas semées pour être récoltées, ont une croissance rapide et sont cultivées jusqu’à leur floraison dans le seul but de les enfouir dans le sol. Cette technique culturale consiste à occuper le terrain en améliorant sa qualité. Ils peuvent être utilisés entre deux cultures, en intersaison ou dans le cadre de la mise en place du principe de rotation des cultures. Dans ce dernier cas, les engrais verts seront cultivés en dernière année, (ou en même temps que les fabaceae) juste avant de remettre en place les légumes les plus gourmands qui demandent des sols riches (Voir fiche jardinons nature n°12).

Pourquoi utiliser des engrais verts ?
− Ils assurent une protection des sols contre les aléas climatiques : battance des pluies, sécheresse, excès de chaleur, terrains pentus, protection de l’érosion pendant l’hiver quand les autres cultures sont absentes.
− Ils améliorent le drainage car ils développent d’importants systèmes racinaires permettant, comme un labour, d’aérer le sol et d’éviter qu’il soit trop compact.
− Ils stimulent la vie biologique du sol.
− Grâce à leur fermentation rapide, incorporés au sol, ils l’enrichissent naturellement en azote et en humus et permettent de conserver les éléments nutritifs.
− Ils limitent la pousse des herbes indésirables et participent ainsi à nettoyer le terrain.
− Ils sont économiques, car ils peuvent se substituer en grande partie aux engrais du commerce.
− Ils favorisent l’accueil des auxiliaires au jardin.
− Pour certains comme ceux de la famille des fabaceae (légumineuses), ils fixent l’azote de l’air dans leurs nodosités racinaires.
− Ils entrent dans la rotation des cultures.
− Ils peuvent être utilisés pour le paillage.
− Ils sont très utiles dans la réhabilitation des sols.

Comment et quand utiliser les engrais verts ?
Matériel nécessaire : un râteau, une griffe ou un croc pour le semis ; une tondeuse à gazon ou une faux pour la tonte ou la taille et une bêche ou aérabêche (type grelinette) pour enfouir.
Première étape, le semis : Dès qu’une parcelle est récoltée ou libre, préparez-la superficiellement. Il est préférable d’avoir un sol propre, débarrassé des herbes indésirables. Passez un coup de râteau ou de croc à cinq dents, pour affiner un peu, puis semez à la volée le plus régulièrement possible. Enfouissez les graines sous une fine couche de terre à l’aide du râteau, puis tassez le sol avec un rouleau si vous en disposez d’un et si la surface le nécessite, sinon soit avec le dos du râteau, soit avec une planche. Pour permettre la levée, choisissez un moment où le sol est assez humide (pluie récente) ou arrosez en pluie fine. Une période de sécheresse nécessitera des arrosages.
Deuxième étape, le broyage : Dès le début de la floraison (voir encadré), broyez les plantes directement sur le sol, soit à l’aide d’une cisaille pour les très petites surfaces, d’une faux ou encore d’une tondeuse si la hauteur de pousse le permet.
Troisième étape, l’enfouissement : Enfouissez la masse végétale finement broyée dans la couche superficielle du sol. Utilisez la fourche-bêche, une binette, un outil type aérabêche ou même la motobineuse équipée de fraises. Selon la période, il faudra attendre trois à quatre semaines avant de procéder à un nouveau semis.

Quels engrais verts choisir ?
Les fabaceae (légumineuses) enrichissent les sols en azote :
Le trèfle blanc : supporte bien l’ombre de plantes hautes
Le trèfle incarnat : bonne production d’humus
Le trèfle violet : pour les sols lourds et acides
Le lupin jaune : racines puissantes
La vesce : souvent associée aux pois fourragés ou aux féveroles
Le sainfoin : rustique, s’utilise également comme plante fourragère

Les autres :
Le sarrasin : il s’impose sur le terrain, c’est un excellent désherbant naturel
La phacélie : associe beauté et utilité, elle pousse vite, elle est mellifère et constitue une bonne masse végétale
L’épinard : particulièrement adapté au potager (le laisser se décomposer sur le sol)
La moutarde : La plus facile d’emploi, pousse très rapidement. En fin de saison, elle est détruite naturellement par le gel
Le seigle : fournit beaucoup d’humus et neutralise bien les herbes indésirables

Mon conseil
Dès que j’ai six semaines devant moi d’une ou plusieurs planches sans culture, je sème de la moutarde ou de la phacélie. Au fur et à mesure que le terrain utilisé pour les pommes de terre et les oignons se libère, je sème du trèfle incarnat et je l’incorpore en fin d’hiver au moment de la préparation du sol pour les semis.

En règle générale, la vitesse de développement des racines ralentit nettement dès la formation des boutons floraux. Il faut donc couper puis broyer les plantes dès le début de leur floraison pour leur garder toutes leurs qualités et les mettre ainsi à la disposition des êtres vivants du sol en les incorporant superficiellement : bactéries, vers de terre, micro-organismes, etc vont ainsi se charger de leur transformation.

Texte : Jean-Marc Muller

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